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De rivets et d’eaux
2 juin 8h00 - 17h00

« De rivets et d’eaux » de Yannick Becquelin, est une narration profondément ancrée dans la mémoire ouvrière et rurale, oscillant entre souvenirs d’usine et paysages naturels de la région de Frise. Il s’agit d’un récit à la première personne, adressé à un « gamin », qui semble être à la fois un apprenti et un héritier de cette mémoire.
Ouvertures des sens et passages : entre transmission et partage, entre nature et industrie, symphonies sonores et visuelles.
Théâtre, musique et arts visuels
Inspiré des ressources collectées lors des actions culturelles auprès des habitants, des enfants des écoles, des jeunes et adultes rencontrés grâce aux partenaires éducatifs, sociaux et culturels, lors de la Résidence Mission 2025 de la Compagnie Issue de Secours sur le territoire de la Communauté de Communes du Pays du Coquelicot dans le cadre du Contrat Culture Ruralité.
De la Transmission : Confidences d’un parcours de vie et de travail,
Survol des racines et des ancrages,
Souvenirs partagés,
Cheminements entre symphonie pastorale et symphonie industrielle,
Reflets du temps…
Equipe de création :

- Alexis Tripier – Comédien
- Mathilde Thiney; Mario Desbureaux – musiciens et compositeurs
- Jade Serbruyns – scénographe
- Benjamin Jeannel – ingénieur son
- Yannick Becquelin – Auteur
Spectacle tous publics (enfants dès 12 ans accompagnés)
La nature et ses sons :
Le narrateur oppose le vacarme de la campagne à celui de l’usine, déconstruisant l’idée reçue du « silence » rural. La nature est décrite comme une symphonie vivante, faite de bruits organiques et imprévisibles, en contraste avec la mécanique répétitive et contrôlée de l’usine. Cette opposition structure tout le début du texte, où l’apprentissage passe par l’écoute attentive du monde.
La mémoire ouvrière :
Les descriptions de l’usine sont précises, presque musicales : « chuintements pneumatiques, vrombissements des fraiseuses, accents métalliques et mécaniques, claquement net des presses, tac-tac secs des poseuses de rivets ». Le texte rend hommage à la chorégraphie industrielle, tout en soulignant la fluidité et la méthodicité du travail.
La famille et l’enfance :
Le récit plonge dans l’histoire familiale du narrateur, évoquant la maison surnommée « la bâtarde », les trajets pour vendre les anguilles, les difficultés économiques et les petits bonheurs du quotidien. La figure maternelle est centrale, décrite comme douce mais coriace, capable de résister aux épreuves par sa discrétion et sa ténacité.
La transmission et l’apprentissage :
Le texte est traversé par la question de l’apprentissage, qu’il soit celui du métier ou de la vie. Le narrateur insiste sur l’importance d’écouter, de sentir, de goûter, de toucher : « on n’a que 5 sens pour embrasser tout ça ». Il transmet au « gamin » une philosophie de l’humilité et de la curiosité.
La précarité et la dignité :
Les difficultés économiques, la réputation, les privations, la recherche d’un emploi plus stable (gardien de cimetière) sont évoquées avec une grande sensibilité. La dignité de la famille passe par le refus du crédit, la fierté de posséder « le peu qu’on a ».
Narration orale et vivante :
Le texte adopte un ton parlé, ponctué d’interpellations (« Tu entends ? », « Tu comprends, gamin ? »), de phrases courtes et imagées. Il alterne entre souvenirs personnels et réflexions générales, créant une atmosphère intime et immersive.
Richesse sensorielle :
Les descriptions sont très sensorielles : sons, odeurs, textures, goûts. La nature et l’usine sont évoquées à travers leurs bruits, leurs parfums, leurs matières.
Mélancolie et humour :
Le texte oscille entre nostalgie (la perte de l’étang, le changement de vie) et humour tendre (les surnoms, les anecdotes familiales).
Images fortes :
L’image du père détruisant sa barque, le récit de la naissance du narrateur « nulle part entre Beauval et Mailly-Maillet », la charrette familiale, le cimetière, sont autant de scènes marquantes qui rythment le texte.
C’est une bêtise quand les gens disent qu’ils aiment la campagne pour son silence. C’est un tintamarre, le grand air ; une symphonie quand il se marie entre terre et eau comme ici à Frise. »
« Dans notre usine c’est une symphonie industrielle faite de chuintements pneumatiques, vrombissements des fraiseuses, accents métalliques et mécaniques, claquement net des presses, tac-tac secs des poseuses de rivets, cadences chronométrées. »
« Tu comprends, gamin, dans cette nature, on n’se pose jamais la question de savoir si on est quelqu’un ou pas, de son importance ou pas, de ses ambitions ou de ses déceptions. Peu importe, ici, à quoi on sert. Il suffit de se poser tranquille, d’écouter, sentir, gouter, toucher et pour toi voir…puis découvrir heureux qu’on n’est qu’une fraction importune, l’accident d’un big bang.
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Crédit photos : Jade Serbruyns.
